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Théâtre des goules damnées - Jour 21

[08 h 08]

Premier jour... Prélude au texte de la pièce :

Dans une clairière sinistre se tient un majestueux théâtre qui tombe peu a peu en ruine. Un pauvre roi tente de le réparer, tout en regardant les coulisses...

Je m'appelle Sæpty, et j'ai été choisi, parmi les plus talentueux des acteurs, pour jouer dans une pièce. Tout ceci m'est apparu, une nuit, ou déferlèrent sur moi une Horde de zombie. Ma fin devait venir, nulle cachette où se reposer loin de ces âmes damnées en attendant qu'une nouvelle ville se crée, où je puisse m'abriter. Et alors que je croyais ma dernière heure venue, un grand éclair de lumière déchira les cieux, repoussant les zombies un bref instant. Une voix céleste emplit ma tête, et je me souviens brièvement de ses paroles.

Si je rejoignais son théâtre, je vivrais, mais il faudrait lui jurer allégeance, et respecter leurs ordres... J'ai alors accepté.
Pourquoi donc ? Je ne le sais.


Je suis dans le théâtre, et un costume m'attends. "Que le prochain acteur entre en coulisse, nous lui fournirons son masque."... C'est mon tour. "Merci, déesse, j'essaierai de bien jouer."

Mais je sens que tout va mal se passer... Le lendemain, on m'a apprit que Ba'al n'est pas une déesse.

[08 h 09]

[b]Second jour de scène.[b]

Je n’ai rien senti de spécifique, contrairement à ce que tous racontent en ville… Je commence un peu à douter des dieux, malgré leurs actions d'éclat de la veille, qui m'ont fort impressionné. Les autres disent qu’il semblerait que les masques que l’on nous a forcé à revêtir changeraient notre personnalité. D’ailleurs, il me semblerait que Carroterie ait une tête de zombie, bien que ça ne soit pas flagrant : Après tout, je rêve trop des zombies. Pourtant, je contemple le ciel et les étoiles, une fois la nuit tombée, ou le sol de la ville, avec ces quelques fleurs qui dépérissent, et je pourrais rêver d’autre chose…

Comme des dieux. Je ne crois pas en eux, du moins, pas tellement, car rien ne change en moins et qu’en plus, je crois en d’autres dieux. Chaos, Vérité, et un peu en le Corbeau, messager d’une divinité qui m’est peut-être inconnue. Pourtant, si ils me disaient de faire une cérémonie en leur honneur, ces quatre là, je m’y donnerai à cœur joie. La sorcière fera du mal aux gens, elle est maléfique, et il faut que le village reprenne un peu de gaieté…

Je sors, à présent. Ce texte sera conservé dans une cache connue des dieux seuls, dans un coin de ma tente.



… Début du soir …

J’ai eu un après-midi horrible. Des morts, partout. Pendant 7 heures ils ont étés là, me tourmentant et riant de ma peur. 4 de trop pour moi. J’ai failli pleurer, à la fin, quand est arrivé une personne bénie des dieux. Auréolée d’une lumière céleste, se mouvant dans la pénombre, invisible pour les zombies malgré son éclat rivalisant avec celui des plus belles étoiles, un éclaireur est arrivé. Une éclaireuse, plutôt. Lorsqu’elle m’a libéré, elle m’a dit d’aller plus loin, de rentrer. Elle reviendrait seule une fois ses fouilles terminées.

J’ai obéi, béat d’admiration. Il n’y avait rien d’extraordinaire, mais il me semblait que ses paroles avaient un coté… lumineux, par rapport a ceux qu’une autre personne aurait pu donner. Comme si des flammes ardentes auréolaient les dires, qu’une étoile était sur le coté des messages qu’elle aurait pu prononcer.
Après réflexion, je dois ceci à la fatigue, et à la reconnaissance d’être libre grâce à elle. Je sais juste qu’elle est la première disciple de Garrett… Et ça me suffira. Demain, je serai plus calme.

Tiens, il me faut faire un vote. Ça me rappelle celui du matin, pour le maire. J’avais voté un poète qui m’avait prévenu pourtant qu’il ne faudrait plus lui faire confiance. La Vérité que je vénère m’avait conseillé, surement, de récompenser une telle franchise, fusse t-elle d’un seul jour.

Je vais dénoncer ce pseudo-zombie. Dieux, dites moi si j’ai vu juste. Autour de moi, tout le monde rouspète. Je pourrais selon ces fous un idiot de village, un voleur ou encore un explorateur. Pourtant, je ne me sens l’âme d’aucun d’eux.

Je me souviens qu’en rentrant, j’ai fait une gaffe. J’ai fait tomber une des planches de mon sac sur une ligne, et tout est effacé. On va encore parler de ça à tout les coups.
Je tiendrais ma porte, cette nuit. J’ai un peu peur, des contes pour enfant surgissent, avec des maître-hache qui tuent, et des sorcières qui offrent des pommes qui endorment. Sinon, j’aime bien la salle de musique. Pourtant, on raconte que quelqu’un y aurait oublié une flute maudite. Je n’apprécie guère ces contes… J’ai la trouille.

Les étoiles sont très belles, pourtant. C’est triste, tout ça.

[08 h 11]

Troisième jour, un jour de fatigue.

Hel est maire de la ville. Pourtant, elle n’avait pas faire de campagne d’élection ? Ah, mais Certain non plus et pourtant j’ai voté pour lui…
Sinon, un vote perdu. Cette ville est comme les autres, Carroterie était juste un mec fatigué hier. Allez, hop, je vais quand même aller en FA. Trouver des souches me détendra, quoique…

Je rentre fatigué, lessivé. Juste une souche… trouvée par quelqu’un d’autre.
Je vote presque au hasard. Chanei pourrait être Gepetto, il ramène souvent du bois et à utilisé la porte une fois de trop ce matin… Je suis dépassé. Les fleurs ne fleurissent pas, en tout cas. Dommage, j'aurai pu m'endormir avec une belle image en tête.

[08 h 13]

Quatrième jour, le jour des maigres chroniques.

Si je me souviens… j’ai travaillé, bu de l’eau croupie que j’ai vomie et j’ai fouillé. Je crois… J’ai été un peu malade, mais ce n’était pas une infection. Je n'ai pas la tête à écrire, je suis trop fatigué pour ça.

[08 h 16]

Cinquième jour.

Je vais mieux. J’ai vu quatre personnes aller gaiement vers les limbes, comme pour porter un dernier hommage à un défunt. Pourtant, les dieux les ont maudits, comme pour punir cet acte de bravoure ! Je les comprends, tiens. Le corbeau les aurait directement tués, le Chaos expulsés et la Vérité renvoyés, damnés pour avoir osé troubler le repos d’un mort.
Par contre… ce Tony, qui était il ? Pourquoi est il mort ?
J’ai un mauvais pressentiment. Il faut que je regarde le registre : Aujourd’hui, je vais noter les armes prises. D’une, je pourrais trouver le Saint, et de deux, cela me donnera du boulot.

…

J’ai mis beaucoup de temps en recherche, avant de voir qu’en procédant au cas par cas, plutôt que de chercher dans la banque, cela aurait été bien plus vite. Résultat : 5 saints possible. Ca avance !

…Après réflexion, j’ai remarqué que j’avais omis cette légende de marionnette, et qu’un autre saint était possible, sans qu’il fut marionnette un jour. La liste est trop grande, à présent… mais je vais arrêter là. La foule m’a jeté des pierres quand j’ai dis qu’un type pouvait être Saint. Et les dieux m’ont révélé qu’il n’étaient qu’un de leur envoyé, un observateur sans masque, le dieu codeur esclave. Je passe pour l’idiot du village maintenant.

Sinon, comme le maire à repris mon enquête et qu’elle l’a continuée, on en a déduit que le Saint devait être Lukrainien, ou qu’il était Schizo sinon. C’est intéressant, mine de rien. Je vais me prendre au jeu de la pièce.

A propos de jeu... je n'ai rien eu tiens. Étrange. Pas la moindre hypnose, la moindre infection, et tout...

[08 h 18]

Sixième jour, un beau jour pour les masqués.

J’ai vu juste, et le maire a fait plus que reprendre le boulot : Elle a réussi à convaincre tout le monde et à trouver d’autres preuves. Je l'admire, elle est douée pour convaincre, tiens.

J’ai travaillé, sinon. Le sable me manque, et je crois un peu moins aux légendes : Je ne suis qu’un peu fatigué, pas malade, loin de la, je ne suis pas sous l’emprise d’une musique quelconque et on ne me fait pas chanter. La vie est paisible… Sinon, le maire semble avoir une piste pour un voleur. Je me range de son coté. Bientôt, je sortirais voir le sable, le sable, et les couleurs de la lune.

[08 h 22]

Septième jour, celui du deuil.

NON !
Genny, celle qui m’a sauvé, est morte. Étrange… Mais je suis triste. Je lui devais beaucoup... Pourquoi donc est elle morte ? Une fleur a poussé sur sa tombe, et les animaux même doivent la pleurer, le sable la regretter, les ombres la réclamer. Je suis trop sensible au sauvetage qu'elle a effectué pour moi il y a peu, je crois... mais un peu de reconnaissance dans ce monde n'est pas de trop.

Je ne sais pas quoi faire, tiens. Travail ? Je me suis levé trop tard pour sortir en expédition. Sinon, tout devient flou. Trop flou. Et les dieux se disputent, inondant nos âmes de paroles cruelles et méchantes, se visant entre eux. Ils me demanderont de tuer une sorcière, bientôt. Je refuserai, je ne répandrais pas le sang pour ces dieux. Vérité, tu sais que je ne dois pas tuer pour eux. Chaos, si quelqu’un peut tuer et ramener à la vie, c’est qu’il est ton envoyé.

Je refuserai. Je refuserai.

Jamais le sang ne coulera sur mes mains ! Jamais ! Je refuserai de tuer en leur nom la sorcière.

En tout cas, il faudrait que je me lève plus tôt… Je rate toutes les expéditions.
Les querelles des dieux se manifestent dans notre monde, et nous en sommes réduits à nous disputer comme… comme des… « délateurs ? » . C’est le mot qui me vient à l’esprit. Je ne voterais pas, ils se disent soumis, schizophrènes, idiots de village… Ca me dépasse. Je n'en peux plus, ce rythme de vie est harassant. Et quand je glisse dans mon lit, aspirant au repos, je crois entendre une voix... qui m'emplit d'effroi.

"Sæpty, bientôt, tu l'auras ton repos... Bientôt..."

Le rire qui suit m'accompagne au pays des cauchemars. Et j'ai peur.

[08 h 27]

Huitième jour, celui de l'angoisse.

Une âme n’a pas pu rejoindre les limbes.
Quelqu’un à fait en sorte qu’elle soit détruite avant. Elle n’est plus.
Rien, rien. Des sanglots montent d’une tombe, ceux de celle qui m’a sauvé. J’ai vu danser celui qui n’a plus d’âme aujourd’hui sur la place, seul. C’était une belle danse, très triste, mais si heureuse en même temps.

…J’en oublierais presque que les masques tombent, avant l’inhumation, à présent. Et… J’ai le regard des morts ! D’un blanc fantomatique, d’un blanc sans nulle autre couleur ! Un blanc mystique, un blanc semblable aux étoiles. Un blanc… tiré de celui de mes yeux, si pâles.
C’était… surprenant, étonnant…
Choquant…


…Trop de morts… et toujours pas de cérémonie. J'espère qu'il n'y en aura pas.

[08 h 31]

1° cérémonie
Neuvième jour, celui du sacrifice !

Des morts, et une cérémonie…
Ais-je échoué ?
En tout cas, je ne me souviens de rien d’autre. Mon esprit a été trop chamboulé… Pas de souvenir.

Rien d'autre.
Je crois... que j'ai refusé. J'ai dit aux dieux que je ne tuerai pas, et qu'ils pouvaient prendre ma vie, et j'ai tenté de survivre. Je suis allé les voir... mais que c'est il passé ? Tout est flou... J'ai mal...

[08 h 37]

Dernier jour... derniers mots.

Je me suis offert au Dieu, Ba'al a mon âme. Adieu, vous autres.
Mon masque est fissuré, et je rentre dans les limbes, dans un brouillard épais... je verrais la suite plus tard. Adieu, vivants, bonjour, morts.